Fernand Léger. La vie à bras le corps

Fernand Léger. La vie à bras le corps
Tout au long de sa carrière, Fernand Léger (1881-1955) n´a eu de cesse de clamer la vie, d´en révéler les beautés et de vouloir lui consacrer le meilleur de son art. Cette mission que l´artiste assigne à sa pratique se déploie dans un usage franc de la couleur et des formes - aussi vives que contrastées -, mais également à travers les sujets des oeuvres en eux-mêmes, que Léger choisit prioritairement dans le contexte de l´existence quotidienne.
Ainsi, le milieu urbain devient, dès ses débuts, le terrain de jeu de ses explorations formelles. Paris lui inspire nombre d´oeuvres cubistes et il découvre avec admiration toute la puissance plastique de la ville de New York. Dans le travail des ouvriers, les machines et les échafaudages, Léger entrevoit l´émergence d´un monde nouveau, d´une modernité en construction. Enfin, le temps des loisirs, qui connaît une avancée significative avec la généralisation des congés payés en 1936, donne lieu à des tableaux virtuoses dans lesquels plongeurs, cyclistes et baigneurs s´épanouissent.
La frontalité affichée des personnages peints, le vis-à-vis direct des objets, le parti pris si résolu de l´artiste de tenir à distance ses sujets ne dissimulent pas sa réelle propension à se saisir des choses de la vie, à les empoigner, à les prendre à bras-le-corps.